Le budget prévisionnel a deux ennemis : le tableur de quarante onglets que plus personne n’ouvre après janvier, et l’absence totale de budget « parce qu’on ne peut pas prévoir ». Entre les deux existe un objet simple : douze colonnes pour les mois, trois blocs pour les ventes, les charges et la trésorerie, et un rendez-vous mensuel de vingt minutes pour le confronter au réel. Voici la construction, pas à pas.
Un budget, trois trajectoires.
Le réaliste guide, l’ambitieux motive, mais c’est le prudent qui protège : lui seul dit si vous passez le printemps sans découvert.
Trois scénarios de trésorerie
Le prudent frôle zéro en avril. C’est tout ce qu’on lui demande : vérifier que la trésorerie survit au creux.
Bloc 1 : les ventes, construites et non devinées
Un prévisionnel de ventes crédible ne sort pas d’un pourcentage magique (« +15 % ») mais d’une décomposition : volume × prix, par offre ou par segment. Partez des douze derniers mois réels, appliquez la saisonnalité observée (votre historique la connaît mieux que vous), puis ajoutez ligne par ligne ce qui CHANGE : un commercial en plus à partir d’avril, une hausse de tarif en septembre, un client perdu.
Chaque hypothèse s’écrit noir sur blanc à côté du chiffre (« +2 ventes/mois dès avril : recrutement de mars »). C’est ce qui permettra, en juin, de savoir quelle hypothèse a failli, au lieu de constater vaguement que « le budget est faux ».
Bloc 2 : les charges, en trois familles
Piège classique : oublier les charges annuelles payées en une fois (assurances, licences) : posez-les sur leur mois réel de décaissement, pas lissées : c’est la trésorerie qui encaisse les à-coups, pas la moyenne.
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Le plan gratuit suffit pour appliquer ce guide : déposez votre export, vérifiez chaque chiffre dans la vue Données.
Créer mon tableau de bordBloc 3 : la trésorerie, avec les délais de paiement
Le résultat prévisionnel dit si l’année est rentable ; la ligne de trésorerie dit si vous passez mars. La différence : les délais. Une vente de janvier encaissée à 45 jours entre en trésorerie mi-mars ; la TVA se paie le mois suivant ; les salaires, eux, ne négocient pas. Décalez chaque flux de son délai réel, et le solde de fin de mois apparaît : c’est LA courbe à surveiller.
Trois scénarios, puis le rendez-vous mensuel
Le budget prend vie en trois temps. On en garde trois versions, pas dix : la réaliste, votre construction de base ; la prudente, ventes réduites de 20 % à charges fixes inchangées ; l’ambitieuse, +20 % avec les recrutements qui vont avec. La prudente ne sert qu’à une chose, vérifier que la trésorerie survit. Puis, chaque mois en vingt minutes, on met le réel en regard du budget, on ajoute une colonne d’écart, et on ne pose qu’une question : quelle hypothèse était fausse ? On corrige l’hypothèse, jamais le passé. Enfin, à partir de l’été, la colonne qui compte devient l’atterrissage, le réel à date plus le budget restant, car c’est lui qui prédit la fin d’année, pas le budget figé de janvier.
Le suivi sans la corvée