Une entreprise peut être rentable et mourir quand même, d’un simple trou de trésorerie. Il suffit d’un gros client qui règle à soixante jours pendant que l’URSSAF, la TVA et les salaires, eux, tombent à date fixe. C’est pour ça qu’un suivi de trésorerie n’est pas un document comptable de plus mais un instrument de navigation : il ne raconte pas le passé, il annonce le prochain virage. Trois vues suffisent à le tenir, à condition de les garder à jour.
Le solde d’aujourd’hui ne prévient de rien.
La courbe des huit semaines à venir, elle, montre le creux de la semaine 6 pendant qu’il est encore temps d’étaler une échéance ou d’accélérer une facture.
Solde actuel
21 k€
Point bas
S+6
Retards clients
6,4 k€
Les trois vues qui composent le suivi
La première vue est une photo : la trésorerie nette du jour. Vous prenez la somme de vos soldes bancaires, puis vous retranchez les échéances certaines du mois, la TVA collectée à reverser, l’URSSAF, les salaires et charges, les loyers. Ce qui reste est le chiffre honnête, celui que la banque ne vous montre pas quand elle affiche un solde flatteur.
La deuxième vue est un film : la cascade mensuelle. Partez du solde d’ouverture, ajoutez les encaissements du mois, retirez les décaissements rangés par famille, fournisseurs, salaires, charges sociales, TVA, loyer, et vous atterrissez sur le solde de clôture. Son intérêt est de montrer d’où vient la variation : c’est elle qui change « on a perdu 8 000 € » en « le décalage d’encaissement du client X nous coûte 8 000 € », ce qui n’est pas du tout la même conversation.
La troisième vue est une météo : la prévision glissante sur huit à treize semaines. Vous y posez les encaissements attendus, vos factures émises avec leur date de règlement probable, et les décaissements déjà connus. Chaque semaine, la colonne écoulée disparaît et une nouvelle apparaît au bout, si bien que l’horizon avance avec vous.
Le calendrier français : ce qui tombe à date fixe
La prévision, en France, a un avantage que peu d’entreprises exploitent : une grande partie des sorties est connue longtemps à l’avance. Autant les inscrire une bonne fois pour toutes.
- La TVA, mensuelle ou trimestrielle selon votre régime. Le montant que vous avez collecté le mois d’avant ne vous a jamais appartenu.
- Les cotisations sociales, le 5 ou le 15 selon la taille de l’entreprise. C’est l’échéance que les prévisions optimistes oublient le plus volontiers.
- Les salaires, en fin de mois, et sur lesquels on ne négocie pas.
- Les acomptes d’impôt sur les sociétés, aux échéances trimestrielles de mars, juin, septembre et décembre, pour les sociétés concernées.
La règle des deux hypothèses
Essayez sur votre propre fichier
Le plan gratuit suffit pour appliquer ce guide : déposez votre export, vérifiez chaque chiffre dans la vue Données.
Créer mon tableau de bordLa routine hebdomadaire : quinze minutes
Quinze minutes par semaine suffisent à tenir le tout. Vous mettez à jour les soldes et vous pointez les encaissements reçus contre ceux que vous attendiez. Vous relancez ce qui est échu sans traîner, parce qu’une relance envoyée au troisième jour rapporte bien plus que la même au trentième. Et vous regardez le point bas des huit prochaines semaines, qui est le vrai chiffre de la séance : dès qu’il s’approche de zéro, chaque jour d’avance vous ouvre une option de plus, étaler une échéance, accélérer une facture, décaler un achat.
Le format fait le reste. Une cascade lisible et trois indicateurs en tête, la trésorerie nette, le point bas à huit semaines et les retards clients, valent mieux qu’un classeur de vingt onglets que personne ne rouvre. À partir d’un export bancaire et de votre facturier, c’est exactement ce tableau de bord qu’un outil comme Fluxario assemble en une génération, la cascade des variations mensuelles comprise.