La plupart des graphiques se contentent de constater. Les ventes montent, la trésorerie baisse, le camembert donne les parts. La cascade, elle, répond à la question d’après : pourquoi ? Entre un solde de départ et un solde d’arrivée, elle pose une marche par cause, une pour ce qui a ajouté, une pour ce qui a retiré. C’est le graphique qu’on sort quand un dirigeant demande où sont passés les 8 000 € du mois, et c’est pour cette raison que les directions financières ne jurent que par lui.
L’histogramme
−16 k€. Et alors ?
La cascade
Les 16 k€ sont partis en salaires et TVA.
Comment se lit une cascade
Deux barres pleines encadrent le graphique, le solde de départ à gauche et le solde d’arrivée à droite. Entre les deux flottent les marches : vertes, ou de la couleur positive de votre thème, quand la cause ajoute de l’argent, rouges quand elle en retire. Chaque marche démarre exactement là où la précédente s’est arrêtée, si bien que l’œil suit le chemin de l’argent sans effort, comme on descend un escalier.
La même mécanique sert bien au-delà de la trésorerie. En résultat, vous partez du résultat de l’an dernier, vous ajoutez l’effet volume et l’effet prix, vous retirez la hausse des coûts et les charges exceptionnelles, et vous atterrissez sur le résultat de l’année. En effectifs, le solde de départ, plus les recrutements, moins les démissions et les fins de contrat, donne le solde d’arrivée. Dès qu’un total se décompose en un point de départ et une série de mouvements, la cascade sait le raconter.
Quand la choisir, et quand s’en passer
La cascade s’impose dès que la vraie question est « d’où vient l’écart ? », entre deux moments ou entre deux scénarios. Partout ailleurs, elle dessert le propos. Pour suivre une évolution sur douze mois, prenez une courbe ; pour comparer des entités entre elles, des barres. Il existe un test infaillible : si vos marches ne se somment pas exactement à l’écart entre les deux piliers, vous n’avez pas une cascade, vous avez un dessin qui y ressemble.
Essayez sur votre propre fichier
Le plan gratuit suffit pour appliquer ce guide : déposez votre export, vérifiez chaque chiffre dans la vue Données.
Créer mon tableau de bordLes trois façons classiques de la rater
La première erreur est l’excès de marches. Passé sept ou huit causes, l’œil décroche et le graphique redevient illisible. Regroupez les petites lignes dans un poste « Autres » et laissez la cascade raconter les grandes masses ; le détail a sa place dans un tableau, pas ici.
La deuxième est plus sournoise : mélanger un stock et des flux. Un solde se lit à une date, le 1ᵉʳ juin, et des mouvements se lisent sur une période, le mois. Ce ne sont pas les mêmes objets, et les poser sur la même marche fausse toute la lecture. Les piliers sont des photos, les marches sont des films.
La troisième touche la couleur. Dans une cascade, la couleur porte l’information et rien d’autre : ce qui ajoute d’un côté, ce qui retire de l’autre. Une palette arc-en-ciel décorative n’égaye pas le graphique, elle en efface le sens.
Le raccourci